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La Meuse

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IV

Les départements

La Meuse, née sur le plateau de Langres, donne son nom à un département qu’elle traverse en entier du sud-est au nord-ouest; pourtant une grande partie des eaux de la contrée descend à l’est, par diverses rivières, dans la Moselle, et par la Moselle dans le Rhin, tan­dis qu’à l’ouest l’écoulement se fait dans la direction de la Seine. Le département, découpé dans l’ancienne Lorraine et dans la Champagne, appartient en entier aux formations jurassiques et crétacées. Le sol, qui s’incline dans le même sens que la Meuse, c’est-à-dire vers le nord-ouest, est presque partout très-accidenté. De grands bois couvrent encore les crêtes, notamment dans les deux Argonnes, qui bordent à droite et à gauche la vallée de la Meuse; à l’est, s’étend la plaine assez nue de la Woëvre, large bassin creusé dans l’épaisseur du plateau par les eaux de l’Orne et de ses affluents. La Meuse n’est au premier rang parmi les départements français ni peur l’agriculture proprement dite, ni pour l’industrie; mais elle est la circonscription française qui élève le plus de chevaux[1]. Les principales usines de la Meuse travaillent le fer et l’acier[2], et depuis 1857 l’exploitation des nodules phosphatés qui servent à l’amendement des terres a pris une certaine importance. La population est plus clairsemée dans la Meuse que dans le reste de la France [3]

L’arrondissement de Bar-le-Duc est dans le bassin de la Seine. Le chef-lieu, qui est en même temps la capitale et la ville la plus populeuse du département, est situé sur la rive gauche de l’Ornain, c’est-à-dire du côté de l’ombre, phénomène assez rare pour une ville du Nord; mais sur la rive droite les coteaux sont abrupts, et la vallée, trop étroite, n’offrait pas de site favorable aux constructions. Bar-le-Duc est une ville industrieuse; elle a de nombreuses fabriques sur le bord de l’Ornain, et par le canal de la Marne au Rhin fait un assez notable commerce, surtout en vins. Ses coteaux donnent les meilleurs crus de la contrée; mais ce qui fait surtout la réputation lointaine de Bar-le-Duc, ce sont les confitures de groseilles blanches, de fraises et de framboises. Le musée, placé dans une jolie maison de la Renaissance, possède quelques sculptures romaines trouvées dans les fouilles de Naix, village voisin de Ligny-en-Barrois, dans la haute vallée de l’Ornain.

La première ville que baigne la Meuse dans les limites du département est l’ancienne Vaucouleurs, où Jeanne Darc vint tout d’abord raconter sa vision. Commercy, chef-lieu d’arrondissement, se montre ensuite: c’est un gros bourg, dont le château du dix-septième siècle, fort somptueux quand il appartenait au roi Stanislas, a été changé en caserne. Les pâtissiers de Commercy, comme ceux de Bar-le-Duc, préparent d’excellentes friandises, surtout des «  madeleines ». Saint-Mihiel, situé sur la Meuse, en aval de Commercy, dont il dépend, a plus d’importance que son chef-lieu : jadis le siége des états du Barrois, il est devenu le lieu des assises pour tout le département de la Meuse; un fort, nouvellement construit sur la hauteur, protége la ville à l’est et continue la ligne de défense dont Toul et Nancy sont les deux principales forteresses. Saint-Mihiel se glorifie d’avoir vu naître le célèbre sculpteur du seizième siècle Ligier-Richier; les deux églises de la ville ont de lui des oeuvres remarquables: un de ses groupes, composé de treize personnages plus grands que nature et taillés dans un seul bloc, représente l’Ensevelissement de Jésus-Christ. Saint-Mihiel était la résidence du cardinal de Retz; c’est là qu’il écrivit ses mémoires.

Verdun, deuxième ville de la Meuse et l’un des quatre chefs-lieux d’arrondissement, est bâti sur les deux bords du fleuve; avec Metz et Toul, il a donné à une grande partie de la Lorraine l’appellation historique de «Trois-Evêchés ». Ville antique, ainsi que le témoigne la terminaison celtique de son nom, Verdun occupe une position importante comme lieu de passage sur la Meuse, dans le voisinage de la grande plaine de la Woëvre et en face des défilés de l’Argonne: en 1792 et en 1870, les événements ont prouvé l’utilité de cette place de guerre, dont on fortifie maintenant les ouvrages. Verdun est célèbre dans l’histoire par le traité de 845, qui partagea l’empire carlovingien, et fut ainsi pour la France et pour l’Allemagne le point de départ de leur histoire distincte. Comme les autres villes de la contrée, Verdun se distingue par une spécialité de confiserie : elle a ses fameuses dragées et fait d’excellentes liqueurs.

A l’ouest de Verdun, Clermont, chef-lieu de l’ancien Clermontois, et Varennes, où Louis XVI et sa famille furent arrêtés en 1794, sont près de la grande forêt d’Argonne, sur l’Aire, sous-affluent de la Seine par l’Aisne et l’Oise. A l’est de Verdun, Étain est le bourg le plus populeux et la grande étape sur la route de Metz, tandis qu’en continuant de descendre la Meuse au nord, on ne traverse qu’une petite ville, Stenay, où se trouvent des usines métallurgiques et dont on vante les biscuits et les macarons. C’est le principal groupe de population de l’arrondissement septentrional. Le chef-lieu, Montmédy, n’est qu’une bourgade fortifiée, dressant ses murailles pittoresques au-dessus de la tortueuse Chiers[4].

[1] Nombre des chevaux dans la Meuse en 1872 : 111,000.

[2] Industrie métallurgique dans la Meuse en 1873 (fonte, fer, acier et rails) 56,700 tonnes; valeur, 11,010,000 fr

[3]Superficie de la Meuse.

6,228 kilomètres carrés.

Population en 1872.

284,700 habitants.

Population kilométrique.

46 habitants.

 

[4] Communes les plus importantes de la Meuse en 1872

Bar-le-Duc

15.200 hab

Ligny-en-Barrois

4,000 hab

Verdun-sur-Meuse

10,750 »

Vaucouleurs.

2,700

Saint-Mihiel

4,500 »

Étain

2,700 »

Commercy

4,200 »

Stenay

2,600  »

Montmédy

2,000 »

 

 

 

 

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