1814 Campagne de France
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ARMEE DE LYON

Créations des 6e et 7e bataillons du 79e.

NAPOLEON voulant produire une forte diversion dans le Sud-Est de la France, avait résolu de créer à LYON une force imposante qu’il plaça sous les ordres du Duc de CASTIGLIONE.

Ce dernier arriva à LYON le 14 janvier 1814 à 11 h du soir; il allait se trouver obligé d’organiser lui-même son armée, d’en rassembler les différents corps sous les yeux de l’ennemi, et de combattre avec des troupes dont la majeure partie était composée de conscrits n’ayant aucune instruction militaire.

Dans les premiers jours de 1814, le Général Baron de la ROCHE était en position avec 1780 jeunes soldats en avant de CHAMBERY, ayant ses avant-postes en face de ceux des autrichiens à ANNECY et à AIX. C’est là que se trouvait le 7e bataillon du 79e qui venait d’être formé au dépôt de CHAMBERY.

Le Générai autrichien BUBNA se mit en marche sur LYON le 15 janvier, et le Général ZEISCHMESTRE, qui se trouvait en face des troupes françaises, poussa nos avant-postes dans la matinée du 18. Un combat eut lieu à REMILLY, et le Général de la ROCHE battit en retraite sur FORT-BARRAUX. ou il se concentra; les autrichiens occupèrent CHAMBERY et la SAVOIE.

Le 20 janvier, le Général MARCHAND prit le commandement des troupes qu’il trouva en position, partie à CHAPAREILLAN sur la rive droite de l’Isère, partie à PONT-CHARA, en arrière de MONTMEILLON, sur la rive gauche. Le fort BARRAUX était armé, en bon état, et sa garnison comprenait 1 officier, 1  sous-officier, 2 caporaux, 1 tambour et 55 soldats, de chacun des 5e, 11e, 23e, 60e, 79e et 82e de ligne, 8e et 18e léger, ainsi qu’un bataillon du 60e.

Les autrichiens n’osèrent pas s’aventurer sous le canon du fort et restèrent sur la défensive à MONTMEILLAN.

Le 24 janvier, le Comte MARCHAND reçut un renfort assez sérieux, dans lequel se trouvaient 400 hommes du 79e qu’il envoya à PONT-CHARA.

A la suite d’un combat assez vif livré à notre gauche, le Général ZEISCHMESTER s’empara du passage des Échelles.

Jusqu’au 6 février, l’ennemi ne bougea pas, mais dans la matinée il livra un combat d’avant-postes sans résultat.

A ce moment l’armée de LYON allait recevoir de sérieux renforts.

La 4e division de réserve des Pyrénées, dite de Réserve de NIMES, sous les ordres du Général de brigade MENARD, était destinée à renforcer l’armée de LYON. Elle commença à recevoir, dès la fin de 1813, une partie des jeunes soldats qui devaient compléter ses cadres.

Le 30 janvier, sur les insistances du Duc de CASTIGLIONE, les bataillons se mettaient en marche sans être complètement équipés.

Six bataillons avaient été formés et mis en route ; c’étaient les 6e bataillons des 67e, 79e, 20e, 115e, 4e de ligne et du 23e léger.

Le 6e bataillon du 79e comprenant 19 officiers, 90 sous-officiers et caporaux, 664 conscrits, partit le 31 janvier et arriva à LYON le 7 février.

Informé de l’état pitoyable de ces bataillons, le Duc de CASTIGLIONE donna l’ordre de les arrêter à VIENNE et les confia au Général BARDET qui parvint à les amener tous à LYON, assez mal organisés, pour le 18 février.

Le 22 janvier, à 11 h du soir, le Duc d’ALBUFERA, commandant l’armée de CATALOGNE et d’ARAGON, reçut l’ordre de diriger sur LYON, par PERPIGNAN 8000 à 10000 hommes. En conséquence, 6 colonnes se mirent en marche; elles comprenaient une division de cavalerie et une division d’infanterie forte de 6 régiments, plus 80 bouches à feu.

Vers la fin de février, NAPOLEON résolut d’augmenter le corps d’AUGEREAU et fit écrire au Duc d’ALBUFERA de détacher de son armée une nouvelle division de 10 000 hommes et de l’envoyer en poste à LYON.

Cette division marcha en 3 colonnes ; la 3e commandée par le Colonel GAY du 79e comprenait le 32e Léger, en deux premiers bataillons du 79e (40 officiers, 1760 hommes) du 102e, 115e, 116e de ligne.

Le mouvement commença le 8 mars ; les troupes arrivèrent à PERPIGNAN les 11,12 et 13 mars; et à LYON les 18, 19 et 20.

AUGEREAU PREND L’OFFENSIVE -25 FEVRIER

Le général MARCHAND, qui avait reçu un bataillon de renfort, avait repris le poste important des Echelles, les gardes nationaux des départements du Centre et de l’Est s’étaient rassemblés à LYON.

Sans attendre l’arrivée des derniers secours envoyés de Catalogne. AUGEREAU prit l’offensive.

Les divisions MUSNIER et PARMENTIER devaient se trouver à MON le 3 mars, en passant par LONS-LE-SAUNIER, CHIETTE et MOREY. La division de BARDET, dans laquelle se trouvait le 6e bataillon du 79e, devait franchir le Rhône à SEYSSEL ou a BELLEGARDE, s’emparer en passant du fort de l’Ecluse et se joindre aux troupes du Général MARCHAND pour investir GENEVE par l’Est et le Sud, tandis que le Générai MUSNIER l’investirait par le Nord.

La division BARDET franchit le Rhône à BELLEGARDE le 1er mars, .s’empara le jour même du fort l’Ecluse, dont la garnison de 200 hommes fut faite prisonnière; on trouva dans la place 4 pièces de canon et beaucoup de munitions ; le 6e bataillons du 79e y prit part.

La division chercha alors à railler le Général MARCHAND. Le 23 février, ayant repris CHAMBERY, le Général MARCHAND, était à la poursuite des autrichiens. il les poussa sur la route d’AIX; mais comme l’ennemi s’était fractionné en deux colonnes, MARCHAND en fit autant, et le Général DESSAIX prit, avec 2 300 hommes et 5 pièces de canon, la poursuite de la colonne de gauche par RUMILLY; le 7e bataillon du 79e se trouvait sous ses ordres.

Le 24, les autrichiens essayèrent de résister sur la rive droite du FIER, mais ils furent délogés presque sans combat.

Le 1er mars, le Général-Lieutenant KLEBERLSBERG ayant rallié la colonne qui battait en retraite devant DESSAIX, voulut tenir en avant de GENEVE le plus longtemps possible. il occupa, avec 5 000 hommes, les belles positions qui s’étendent du CLUISET à SAINT-JULLIEN. A 10 heures du matin, les troupes du Générai DESSAIX étaient formées en 3 colonnes d’attaque.

Celle de droite eut ordre de se porter sur le flanc de l’ennemi, derrière le château d’OGNY et de la déborder.

La 2e, composée d’un bataillon du 1er de ligne, de quelques compagnies du 79e et de la brigade POUCHELON, dut se porter sur le centre par la grande route et aborder de front le village de la COTI.

La 3e colonne fut dirigée par la gauche sur le village de VIRY et de SONGY.

L’ennemi ayant une forte artillerie au centre, DESSAIX renforça ses ailes et déborda l’ennemi qui se replia sur les hauteurs de SAINT-JULLIEN.

La droite ayant été un instant bousculée par une colonne ennemi qui l’avait prise en flanc, DESSAIX voyait cette aile faiblir au moment même où la cavalerie ennemie s’apprêtait à charger sur son artillerie, le moment était critique. Il ordonna alors à ses canonniers de ralentir leur feu et d’attendre la cavalerie à demi-portée de mitraille.

Puis, à l’instant où la décharge vient de culbuter les premiers assaillants, il donne l’ordre aux compagnies du 79e de franchir les batteries et de s’élancer au pas de charge sur les autrichiens. Cette manoeuvre eut le plus heureux résultat; le feu de l’ennemi se ralentit aussitôt sur toute la ligne et le Général KLEBERLSBERG se retira à SAINT-JULLIEN.

Le manque de munitions nous força à cesser toute poursuite, mais le soir même les autrichiens abandonnaient leur position et repassaient l’Arve après avoir rompu les ponts. Le 3 mars la place de GENEVE fut sommée par le Général DESSAIX, mais le duc de CASTIGLIONE avait brusquement changé son plan. il était maintenant résolu à marcher sur la Franche-Comté pour faire lever le blocus de BESANÇON, en conséquence, il rappela les troupes qui étaient devant GENEVE.

OPÉRATIONS D’AUGEREAU AUTOUR DE LYON

A la nouvelle de la création d’une armée française à LYON, les alliés avaient formé une armée du Sud qui se réunissait sur les deux rives de la Saône.

Apprenant qu’il avait sur les bras 60 000 fantassins et 10 000 cavaliers, AUGEREAU abandonna le 4 mars ses projets sur la Franche-Comté ; il n’y avait plus un instant à perdre pour couvrir LYON.

Le 18 a lieu l’affaire de SAINT-GEORGES, le 79e n’y assistait pas ; c’est seulement le 19 que la 3e colonne de la division de Catalogne entrait à LYON.

La journée du 19 mars s’e passa de part et d’autre en préparatifs, après l’affaire de SAINT-GEORGES, l’armée de LYON avait été formée en avant de LIMONEST, et les mouvements des alliés indiquaient l’intention d’agir sur notre extrême gauche par la route de MOULINS en tournant ainsi notre position.

COMBAT DE CALUIRE  20 MARS 1814   BRILLANT FAIT D’ARMES DU 79.

Le 20, AUGEREAU disposa ses troupes dès la pointe du jour. Le Général BARDET resta en position entre la Saône et le Rhône ; le 6e bataillon du 115e de ligne prit position à CALUIRE sur le plateau qui commande la rive gauche de la Saône et la rive droit du Rhône, en avant de la CROIX-ROUSSE et à peu de distance de l’embranchement des routes de GENEVE par BOURG et de PONT-D’AIN.

Le duc de CASTIGLIONE renforça cette troupe par les deux premiers bataillons du 79e (1 800 hommes) arrivés à LYON dans la nuit du 19 au 20 mars, sous le commandement du Colonel GAY.

Tandis que l’affaire principale avait lieu sur la rive droite de la Saône, le Général BARDET et le Colonel GAY sur la rive gauche étaient aux prises avec les généraux HARDECK et de COBOURG.

Le Général HARDECK, plus fort en cavalerie qu’en infanterie, avait cherché à effrayer le Général BARDET par ses manoeuvres, mais sans essayer contre lui rien de sérieux. il attendait pour agir, le résultat de l’attaque plus importante du prince de COBOURG sur la route de TBEJOUX près de CALUIRE. En effet, si cette diversion réussissait, BARDET, pris à revers, et entre deux feux, se trouvait dans une position très critique.

Vers le milieu de la journée, le prince de COBOURG se porta franchement sur le plateau de CALUIRE, mais il fut arrêté court par une défense à laquelle il s’attendait d’autant moins qu’il supposait la position occupée par une partie des jeunes troupes de la division BARDET, et nullement par les vieux soldats de Catalogne.

Ordonnant alors à quelques escadrons de hussards de se former en colonne, il les lance sur le 79e de ligne. Le régiment français attend la charge avec calme et sang froid, la reçoit à coups de fusil, culbute la cavalerie autrichienne, marche au pas de charge sur l’ennemi, le ramène jusqu’au delà de l’embranchement des deux routes, en sorte que cette diversion essayée par les troupes de la rive gauche n’a aucun résultat pour le prince de HESSE.

La nuit mit fin à la bataille où l’ennemi perdit plus de 3 000 hommes, les deux armées bivouaquèrent en présence, en avant du faubourg de VAlSE. Vers minuit, les bagages, les ambulances et le parc d’artillerie s’acheminèrent en silence par le faubourg de la GUILLOTIERE, sur la route de VIENNE; l’armée suivit entre une heure et deux heures du matin. AUGEREAU se replia sur VIENNE, qu’il traversa le 21 mars et atteignit SAINT-VALLIER sur le Rhône le 22.

OPÉRATIONS DU GÉNÉRAL MARCHAND DU 9 MARS AU 10 AVRIL 1814

Le 9 mars le Général MARCHAND, qui était devant GENEVE, apprit d’une manière certaine la retraite d’AUGEREAU sur LYON. Après avoir couvert son flanc gauche avec deux bataillons, il conserva sa ligne sur l’Arve, espérant un retour offensif du duc de CASTIGLIONE et comptant sur l’arrivée des renforts d’Italie. Au milieu du mois, le Général WILMPFFEN ayant fait occuper SAINT-CLAUDE, le comte de BUBNA résolut de profiter de cette circonstance pour enlever le fort l’Ecluse, où la division BARDET n’avait pu laisser que 100 hommes de garnison.

Le Général KLEBERLSBERG reçut l’ordre de se porter sur le fort avec 2 500 fantassins, quelques escadrons et une batterie de 4 pièces et 3 obusiers.

LE 7e BATAILLON DU 79e A LA DÉFENSE DU FORT L’ECLUSE

Le 19 mars, à 9 heures du matin, KLEBERLSBERG, débouchant du côté du fort l’Ecluse, commença à gravir un des versants de la montagne escarpée qui le domine, tandis que sa batterie brisait le pont-levis et lançait des obus jusqu’au centre des bâtiments.

Par ordre du Général MARCHAND, 200 hommes du 79e placés à BELLEGARDE, sous le commandement du Chef de Bataillon JOMARD, devaient, au premier coup de canon, se porter sur l’Ecluse, tandis que les maires des communes voisines feraient sonner le tocsin et réuniraient les hommes de bonne volonté pour soutenir le détachement.

La résistance énergique du capitaine BONNET du 23e de la ligne, qui commandait le fort, donna le temps aux 2 compagnies du 79e et aux intrépides paysans de COLLONGE d’arriver. Le Général KLEBERLSBERG, qui croyait n’avoir affaire qu’aux 100 hommes renfermés dans le fort, se trouve tout à coup entouré par le Commandant JOMARD, soutenu par près de 3 000 volontaires qui escaladent la montagne.

La fusillade s’engage avec vivacité de part et d’autre, et le combat se soutient pendant plus de quatre heures ; enfin, l’ennemi ne pouvant se rendre maître des hauteurs, se borne à une canonnade qui ne cesse que vers six heures du soir.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, un officier envoyé en reconnaissance jusqu’à NANTUA, annonça l’évacuation de LYON par AUGEREAU.

Le colonel de CUBIERES, qui avait le commandement, DESSAIX étant entré à GENEVE avec un sauf conduit, résolut de battre en retraite sans perdre un seul instant. Nos troupes marchèrent 30 heures sans autre repos que des haltes de quelques instants ; elles étaient suivies d’un assez grand nombre de paysans qui aidaient les soldats, soutenaient les blessés et portaient les sacs des éclopés.

Les détachements de SEYSSEL, l’ECLUSE et BELLEGARDE rétrogradèrent et occupèrent MOIRANS.

Le 25, la division du Colonel de CUBIERES atteignit FRANGY, et elle entrait le 28 dans VOIRON qu’elle se prépare à défendre contre la division HARDECK, avant garde de la partie de l’armée alliée destinée à agir contre le DAUPHINE.

Le lendemain 29, malgré la supériorité numérique des alliés, le colonel de CUBIERES prit l’offensive et marcha audacieusement à la rencontre de l’avant-garde de la division HARDECK. il l’atteignit près de CHIRENS et engagea un combat qu’il soutint jusqu’à la nuit, puis, menacé par des forces considérables, il se replia sur VOREPPE.

Jusqu’au 9 avril, les autrichiens ne tentèrent rien contre nous, ce n’est qu’à cette date qu’ils décidèrent enfin à attaquer notre ligne de VOREPPE et à nous rejeter sur GRENOBLE.

En conséquence, d’épaisses colonnes s’avancèrent vers nos positions ; à midi, le combat était engagé de toutes parts. Tandis qu’une partie de l’armée alliée marchait sur la route, d’autres troupes se glissaient avec précaution à travers les saules qui couvraient les prairies de l’Isère. Le feu des bataillons français embusqués dans les boyaux de tranchée arrêta quelque temps l’ennemi, mais il revient bientôt à la charge et chercha à culbuter notre gauche en se plaçant entre la rivière et nous.

Le Colonel de CUBIERES attendait ce moment pour prendre de flanc les autrichiens, le 7e bataillon du 79e se tenait dans ce but massé et caché aux abords de la maison de poste. il allait s’avancer, quand une compagnie du 18e, se croyant tournée, quitta précipitamment son poste; cet exemple fatal devint contagieux, et l’ennemi se trouva maître de la route de GRENOBLE.

Le 79e ne fut pas ébranlé, et ce brave régiment s’élança avec résolution sur les bataillons autrichiens qui déjà interceptaient la route de GRENOBLE. Le lie de ligne suivit le mouvement et la retraite de la division put commencer en bon ordre, car la colonne qui interceptait les communications était prise entre deux feux et n’eut que le temps de regagner précipitamment les rives de l’Isère.

Nous n’avions plus d’adversaires entre nous et GRENOBLE.

Pendant le combat, le capitaine MIGNOT reçut l’ordre de se porter avec sa compagnie à gauche du village de VOREPPE, pour arrêter l’ennemi qui cherchait à y pénétrer. Avant l’arrivée au poste qui lui était assigné, il rencontra un bataillon en désordre que l’ennemi poussait devant lui ; c’est en vain que le capitaine MIGNOT chercha à rallier les fuyards ! Alors n’écoutant que son honneur et son devoir, il marcha droit aux autrichiens, les chasse du poste qu’on lui avait ordonné d’occuper et dont l’ennemi s’était déjà emparé, il y soutint pendant plus d’une heure un combat inégal contre une colonne de 1 200 hommes, et ayant reçu l’ordre de se replier, il sut en imposer aux autrichiens par la contenance et le bon ordre de sa compagnie, pendant la retraite. A dix heures du soir, la division de CUBIERES prenait position à la BRIQUETERIE.

Le 10 avril, on s’attendait à une nouvelle affaire, lorsqu’un parlementaire vint annoncer au générai MARCHAND les événements qui avaient eu lieu à PARIS.

L’ARMÉE DE LYON FUT DISSOUTE LE 10 JUIN SUIVANT

 
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