1812-1813 Allemagne
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LES 3e ET 4e BATAILLONS DU 79e A LA GRANDE ARMEE ALLEMAGNE Juin 1812 - novembre 1813

Onzième corps d’armée.

Le 4e bataillon du 79e avait quitté l’arimée de Catalogne à la fin du mois de mars 1812; dès la rentrée en France, où il entra avec le 4e bataillon des 5e et 11e de Ligne dans la composition de la 13e demi-brigade provisoire commandée par le Major TRIPE. Cette demi-brigade se mit en route pour l’Allemagne dans les premiers jours de mai, et fut destinée à renforcer la 31 e division commandée par le Général LAGRANGE dont le quartier général était à STETTIN.

Cette division était la seule qui fût restée, à AUGEREAU de celles qui avaient composé le 11e corps sous ses ordres, pendant la campagne de Russie, de maintenir BERLIN et la Prusse dans l’obéissance.

Le 4e bataillon, à son arrivée à l’armée, était sous les ordres du commandant FAULAIN et comptait à l’effectif 18 officiers et 694 soldats. Il fut dirigé le 1er août sur SPANDAU par ordre du Général Gouverneur et ne rejoignit la division que le 25 du même mois à STETTIN d’où il partit le 25 novembre pour BERLIN. Le bataillon du 79e ne resta que quelques jours dans cette capitale et fut envoyé à MAGDEBOURG où il tint garnison jusqu’en 1813.

A cette époque, les 31e, 35e et 36e divisions avaient été réunies pour former le 11e corps d’armée sous les ordres du Maréchal GOUVION SAINT-CYR. L’année entière du prince EUGENE avait évacué BERLIN et pris position sur la rive gauche de l’Elbe, lorsque NAPOLEON parut en Allemagne à la tête de ses réserves et des renforts tirés de France. Le 10 avril, le Maréchal MACDONALD avait remplacé GOUVION SAINT-CYR à la tête du 11e corps.

BATAILLE DE LUTZEN  2 mai 1813

Pendant que NAPOLEON débouchait de WEISSENFELD, sur la Saale, le prince EUGENE débouchait de MERSEBOURG. Le 11e corps attaque cette ville et l’enleva après une vive résistance, puis marcha sur LUTZEN et LEIPZIG. Mais à ce moment l’armée des alliés se concentrait à PEGAU et attaquait le Maréchal NEY. Le 11e corps fut d’abord chargé d’appuyer le corps de LAURISTON vers LEIPZIG, puis l’ennemi faisant de grands progrès et le Maréchal NEY ayant perdu beaucoup de terrain, le corps de MACDONALD reçut l’ordre de marcher au feu du canon.

Il prit le pas de course, mitrailla la cavalerie alliée qui s’était glissée entre lui et les troupes du Maréchal NEY, puis avançant toujours sur le flanc droit, le 11e corps vint couronner les hauteurs en débordant l’ennemi.

Le feu, écrit MACDONALD, s’éteignit tout à cop sur le front de l’armée et se dirigea sur nous; l’ennemi lança ses réserves de cavalerie composées des gardes des deux souverains de Russie et de Prusse; trois fois il tenta de rompre nos carrés, mais inutilement; il fut à chaque fois repoussé avec grande perte, et la dernière dans une confusion qui eut donné beaucoup d’avantage à la nôtre, si nous en avions eu.

Le 4e bataillon du 79e prit une large part à cette action, car son effectif qui, avant la bataille, était de 19 officiers et 733 hommes, n’était plus le lendemain que de 12 officiers et 357 hommes. Il y avait dans les hôpitaux 9 officiers et 492 sous-officiers et soldats. Le lendemain le 11e corps franchit l’Elster et, prenant l’avant-garde de l’armée se dirigea sur DRESDE; l’ennemi, qui avait fait sauter les ponts, défendit le passage de l’Elbe, mais l’infanterie de MACDONALD passa la rivière sur des échelles qu’on avait jetées en travers des brèches faites dans le tablier des ponts.

Le 11e corps, poursuivant l’ennemi, s’arrêta en sa présence pendant plusieurs jours en face de BAUTZEN qu’il n’osa attaquer avant l’arrivée de l’armée.

Le 12 mai, le bataillon du 79e prit part au combat de Bischofsverda affaire des plus honorables pour le 11e corps, puis le 21 à la bataille de WURSCHEN qui nous conduisit en Silésie.

Le 11e corps continua à poursuivre l’ennemi; il était appuyé dans ce mouvement par la cavalerie du Général LATOUR-MAUBOURG Après avoir chassé les alliés des hauteurs de SILGRAINSDORF, le 27 mai, MACDONALD livra le combat de GOLDBERG.

BATAILLE DE LA KATZBACH  26 août 1813

L’Empereur confia le 23 août au Maréchal MACDONALD le commandement général des troupes de Silésie et le général GERARD prit le commandement du 11e corps qui passa la Katzbach le 26 à GOLDBERG. Le 3e corps et le 2e de cavalerie n’ayant pu arriver à temps, le 11e subit le choc de l’aimée de BLUCHER; le temps était si affreux et si humide que sur 500 fusils chargés il ne partait pas 10 coups de feu par bataillon. Le Maréchal MACDONALD fut obligé d’ordonner la retraite sur GOLDBERG et le 29 août il était rentré à BUNZLAU.

La 31e division à laquelle appartenait le bataillon de la 79e avait peu donné pendant cette bataille; le 2 septembre, le Maréchal écrivait au major général: “le 11e corps est encore assez fort, à cause de la 31e division qui ne s’est pas trouvée en avant...”.

Le 11e corps s’établit alors sur la rive gauche de la Queiss et se réorganisait petit à petit lorsque, par ordre de l’Empereur, le 14e corps dut passer 14 de ses bataillons à 300 hommes aux 3e, 7e et 11e corps en échange d’un pareil nombre d’autres dont l’effectif ne s’élevait pas à 200 hommes.

Le 20 septembre, le 4e bataillon du 79e, en exécution de cet ordre, passa à la 45e division du 14e corps où il fut réuni au 3e bataillon du régiment qui faisait partie de cette division depuis le mois d’août précédent.

14e CORPS D’ARMÉE

Le 3e bataillon du 79e avait quitté la Catalogne en avril 1813; en vertu d’un décret du 28 juillet de la même armée, il fut incorporé avec le 6e bataillon du 81e dans la 27e demi-brigade provisoire commandée par le Major LUSTRINGER.

Le bataillon du 79e à la tête duquel se trouvait le Major PREUX, comprenait 19 officiers et 553 hommes ; en juillet il fit parti du corps d’observation en Bavière, et le 6 août, il entrait dans la composition du 14e corps d’armée qu’allait commander le Maréchal GOUVION SAINT-CYR.

Une partie de ce corps d’armée fut organisée à FREYBERG et le reste fut armé et équipé en marchant, car l’ennemi devant commencer les hostilités le 18, on voulait que les jeunes soldats qui composaient le corps de GOUVION SAINT-CYR fussent en position le 17 au matin.

Le 14e corps fut chargé d’observer les débouchés de la Bohème; la 45e division, commandée par le Général RAZOUT dans laquelle se trouvait le 3e bataillon du 79e, fut placé près de DIPPOLDISWALD pour observer le débouché d’ALTENBERG.

Attaqué par l’armée de Bohème toute entière, GOUVION SAINT-CYR retarda la marche de l’ennemi; six ou sept fois plus nombreux, mais il se trouva bientôt acculé, le 23 août, sous les murs de DRESDE.

BATAILLE DE DRESDE -26 -27 août 1813

En attendant l’arrivée de l’Empereur avec des troupes de secours, GOUVION SAINT CYR prit ses dispositions pour défendre les abords de la ville que protégeaient cinq redoutes et de nombreux murs de clôture. La 45e division fut chargée de garder le front de FRIEDRICHSSTADT, depuis cette route jusqu’à l’Elbe, au-dessus de DRESDE. Dans la journée du 26, le 14e corps résista seul avec ses 15 000 conscrits aux 200 000 hommes de l’armée de Bohème; NAPOLEON, qui était entré à DRESDE de sa personne à 9 h du matin, fit soutenir GOUVION SAINT-CYR par la jeune garde vers 6 h du soir. Pendant toute la journée c’est le front de la 45e division qui fut le moins pressé.

Dans la nuit du 26 au 27, les 6e et 2e corps entrèrent à DRESDE ; la force de l’infanterie était quadruplée, mais, dès la matinée du 27, une pluie torrentielle rendit dans les deux armées la fusillade impossible. La cavalerie seule décida du sort de la bataille en faisant mettre bas les armes à plusieurs carrés autrichiens, et en s’emparant d’une nombreuse artillerie ainsi que de 12 drapeaux.

Dans la nuit, le prince de SCHWARTZENBERG commença sa retraite dans les défilés de la forêt de Bohème.

Après avoir participé à la poursuite de l’ennemi avec le 14e corps, la 45e division se rapprocha de DRESDE, et, le 4 septembre, les 2e et 14e corps, la garde impériale se trouvaient groupés autour de la capitale de la Saxe.

Ayant appris coup sur coup le désastre du 1er corps à KULM, la défaite du 11e corps à la Katzbach, les a]liés se reportèrent en avant. Les autrichiens marchèrent sur le flanc de l’armée française avec 5000 hommes conduits par SCHWARTZENBERG et le reste par la rive gauche sur DRESDE, sous les ordres de BARCLAY de TOLLY.

Le 5, à 6 h du soir, ce dernier attaquait le 14e corps ; la 45e division se retira de BORNA en arrière de ZUSCHENDORF dans la journée du 6, et dans la nuit, ayant eu des inquiétudes sur sa droite, elle vint de grand matin, le 7, se placer plus près de DONNA.. Le 8, l’ennemi continua ses attaques et le 3e bataillon du 79e prit part à une brillante contre-attaque que GOUVION SAINT-CYR exécuta pour conserver la rive droite de la MUGLITZ à NAPOLEON qui arrivait à son secours.

Le lendemain l’armée prit l’offensive et le 14e corps, formant l’avant-garde marcha jusqu’au village d’EBERSDORF et de là sur GEYERSBERG où il arriva le 10 vers 10 h du matin.

NAPOLEON, n’ayant pas voulu attaquer l’ennemi au pied des montagnes dites Erzgebirge et Mittelgebirge, laissa le corps de GOUVION SAINT-CYR en observation pour le tromper et se retira sur DRESDE. Le 14e corps resta sur la position du GEYERSBERG jusqu’au 13 au matin, et il exécuta sa retraite sans être fortement inquiété par les alliés. La 45e division resta à BORNA ou aux environs jusqu’au 6 octobre, jour où le Maréchal GOUVION SAINT-CYR reçut l’ordre de se rendre à DRESDE avec deux divisions pour y relever le soir même les troupes du 11e corps et la vieille garde. C’est alors que le 4e bataillon du 79e, quittant le lie corps, fut versé dans la 45e division où, réuni au 3e bataillon qui s’y trouvait déjà, ils formèrent tous deux un corps dont l’effectif fut de 36 officiers et 875 hommes.

DÉFENSE DE DRESDE -3e et 4e BATAILLON

Le 8 octobre NAPOLEON laissait à DRESDE les 1er et 14e corps sous le commandement de GOUVION SAINT-CYR et marchait sur LEIPZIG.

Dans la matinée du 13, la 45e attaqua l’ennemi et le débusqua des maisons nommées HAMBURG, ATTONAS etc... dont le Général PIASKEWITZ s’était emparé dans l’après-midi de la veille. Cette attaque nous conduisit à une affaire importante dans laquelle le 79e donna presque toute la journée et subit des pertes sérieuses. Les russes mirent une grande obstination à vouloir reprendre les postes d’où nos troupes venaient de les chasser, mais malgré le déploiement de forces considérables et l’appui d’une nombreuse artillerie leurs efforts furent inutiles.

On se borna alors à des reconnaissances aux environs de DRESDE, mais dans la matinée du 16, une violente canonnade annonça que la Grande Armée était sérieusement aux prises avec l’ennemi. GOUVION SAINT-CYR fit alors exécuter une sortie par le Général BONET avec 8 bataillons du 11e corps et par la 45e division, commandée par le Général PAZOUT. Les russes furent culbutés et notre cavalerie s’empara de plusieurs pièces de canon; mais à la fin de l’action, la canonnade qu’on avait entendu le matin avait cessé.

Nous nous trouvions, par l’effet de notre victoire du 17, dans la position la plus favorable pour faciliter à NAPOLEON les moyens de tirer le plus d’avantages possibles de ces succès.

Malheureusement la Grande Armée venait d’être écrasée à LEIPZIG. Le 25 octobre, le Général TOLSTOY, renforcé d’un corps autrichien, se rapprocha de DRESDE et fit le lendemain sa jonction avec le corps autrichien de KLENAU, qui avait quitté le champ de bataille de LEIPZIG aussitôt après le succès de cette journée; le 27 le blocus de DRESDE était complet.

La situation de GOUVION SAINT-CYR devenait de jour en jour plus pénible par le manque de vivres et l’impossibilité de s’en procurer. Le 6 novembre, il essaya de faire filer 14 000 hommes sur TQRGAU par la rive droite de l’Elbe, mais le soir même ces troupes épuisées rentraient dans DRESDE n’ayant pu traverser les corps ennemis.

Le découragement devint générai, et le 7, GOUVION SA1NT-CYR ayant réuni le conseil de défense, prévint le comte de KLENAU qu’il enverrait le lendemain à son quartier général des officiers supérieurs pour traiter de l’évacuation de DRESDE.

Après quelques jours de discussion, la capitulation était signée. L’article premier était ainsi conçu:

Article 1er : la garnison de DRESDE sortira avec ses armes et bagages hors de la ville, et déposera ses armes en avant des redoutes. Messieurs les officiers conserveront leur épée ; à l’exemple de la capitulation de MANTOUE, accordée à M. le Général comte de WTURMSER, un bataillon de 600 hommes conservera ses armes, deux pièces de canon avec leurs caissons et attelages, 25 gendarmes de la garde impériale conserveront leurs chevaux et leurs armes, 25 gendarmes attachés aux divisions conserveront également leurs chevaux et leurs armes.

Dans l’article 3, on lisait que la garnison de DRESDE était prisonnière de guerre et serait conduite en France, puis échangée.

On forma 6 colonnes, qui partirent de DRESDE du 12 au 17 novembre ; elles étaient arrivées à huit jours de marche de la capitale de la Saxe, lorsque le prince de SCHWARTZENBERG, violant la capitulation, fit conduire les débris des 1er et 14e corps en Bohème où ils restèrent prisonniers de guerre.

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