1808-1812 Espagne
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1808 - Campagnes de PORTUGAL et d’ESPAGNE

En 1808, le 4e Léger se trouvait divisé ainsi: un bataillon au PORTUGAL (division LOISON sous le commandement de JUNOT), trois bataillons dans le corps du maréchal BESSIERES. il allait donc prendre part à tous les événements qui devaient se produire dans la péninsule. Ces événements mêlés de succès et de revers pour nos armes, se composant d’une suite de marches pénibles et de combats le plus souvent victorieux.

Le bataillon du 4e Léger qui faisait partie de l’armée du PORTUGAL, se distingua par son courage et sa constance à supporter les fatigues qui accablèrent cette armée pendant sa marche sur LISBONNE.

En ESPAGNE, le corps de BESSIERES entra en campagne au mois de juillet au moment où le roi JOSEPH reçut de NAPOLEON l’ordre de se diriger sur MADRID. Les communications avec la FRANCE étaient menacées par l’insurrection, BESSIERES reçut l’ordre de dégager tout le nord de l’ESPAGNE.

Dans ce but, il se porta contre les Espagnols établis à RIO-SECCO. L’ennemi, au nombre de 28 000, était sur deux lignes. BESSIERES, avec ses 10 000 hommes, n’hésita pas à attaquer: “Avec le 4e Léger et le 15e de Ligne” dit l’historien du Consulat et de l’Empire. Ce Maréchal se sentait capable d’enfoncer tout ce qu’il avait devant lui. Eloge des plus flatteur que l’on puisse adresser à un Régiment français. Le Maréchal BESSIERES avait raison; le 4e Léger et le 15e de Ligne suivis des jeunes troupes, se portèrent à la baïonnette sur les premières lignes ennemies et les enfoncèrent. “Vive le Roi” criaient les espagnols, “Vive l’Empereur” répondirent les français et tout céda devant l’impétuosité de leur attaque. La seconde ligne ne tint pas davantage. On prit 18 canons ; beaucoup de drapeaux restèrent sur le champ de bataille.

L’ennemi s’étant enfui en désordre sur MEDINA, essaya d’y résister, mais le 4e Léger et le 15e de Ligne y entrèrent au pas de charge les baïonnettes en avant et culbutèrent tous les obstacles. Ce combat est un des plus beaux faits d’armes dont puisse s’honorer le 4e Léger. Il montre ce que peuvent des soldats sachant allier le courage et la discipline. Malheureusement tant de bravoure et tant d’efforts devaient échouer. Les événements de BAYLEN forcèrent en effet le roi JOSEPH à évacuer MADRID. BESSIERES dut se porter en arrière avec toute l’armée et venir prendre position derrière l’EBRE en attendant les décisions de l’Empereur.

Au PORTUGAL, la fortune ne nous souriait pas davantage. Le 4e Léger figura dans tous les combats victorieux livrés par le Général LOIZON contre les révoltés portugais, mais tout fut vain. Les anglais ayant ramenés de nombreux renforts au PORTUGAL, JUNOT dut se retirer dans les lignes de TORREAS-VEDRAS. Là par son énergie et grâce à la conduite pleine de bravoure et de dévouement de son armée, il obtint une capitulation des plus honorables. Elle portait, en effet, que l’armée française se retirerait avec tous les honneurs de la guerre; emportant tout ce qui lui appartenait, qu’elle serait ramenée en France par les vaisseaux anglais et que les blessés traités avec soins seraient rendus à leur pays dès leur guérison.

NAPOLEON vint en novembre 1808 se mettre lui même à la tête de l’armée d’ESPAGNE retirée derrière l’EBRE. il lui donna une nouvelle organisation d’après laquelle la division MOUTON, et par conséquent le 4e Léger fut placé dans le 2e Corps sous le commandement du maréchal SOULT. Ce corps et le 6e commandé par NEY formèrent le centre de l’armée sous le commandement de l’Empereur lui-même.

Le Général espagnol BLACKE avec les forces principales de l’insurrection s’était établi à BURGOS. NAPQLEON ayant décidé la reprise des opérations dirigea le 2e Corps contre cette place et le 9 novembre on fut en présence. La position principale était le bois de GAMONAL fortement occupé par les espagnols. Il fallait l’enlever. Le Maréchal SOULT lança la division MOUTON 2e et 4e Léger et 96e de Ligne. L’artillerie ennemie enleva les premières files, mais nos soldats marchant la baïonnette baissée vers le bois l’enlevèrent en un clin d’oeil. A cette vue, l’armée espagnole se débanda laissant 12 drapeaux, 90 canons,et des prisonniers; BURGOS était en notre possession. NAPOLEON vint s’y établir.

Soldats du 79e, quelles vertus avaient donc les soldats du 4e léger pour accomplir de si grandes choses? Le courage, la patience dans les épreuves, la discipline, la confiance en leurs chefs, l’amour de la Patrie. Oui I Voilà les vertus qui rendaient invincibles les soldats du 4e léger et que vous devez vous efforcer de maintenir dans vos rangs si vous voulez pouvoir égaler un jour vos anciens.

Le 2e Corps était à peine remis de ses fatigues, qu’il reçut l’ordre de quitter BURGOS pour se porter à REINOSA sur les derrières de l’armée de BLACKE et de là sur SANTANDEZ pour soumettre la province des ASTURIES. Il devait être renforcé par le corps de JUNOT qui rentré en France après la capitulation de LINDRA, reçut l’ordre de revenir en Espagne. On parlait déjà d’une nouvelle armée anglaise et NAPOLEON voulait donner au 2e Corps une force suffisante pour la combattre. Le 14 novembre, le 2e Corps entra à REINOSA et y captura tout le matériel de l’armée de BLACKE: 35 canons et 15 000 fusils. Le 15, il panait pour SANTANDEZ. Pendant ce temps NAPOLEON continuait sa marche sur MADRID où il entra le 4 décembre.

Jusqu’alors, il ne s’était pas occupé de l’armée anglaise, mais lorsqu’il apprit qu’elle s’était avancée en Espagne, il disposa toutes ses forces pour la détruire et dans ce but, il prescrivit au Maréchal SOULT de redescendre dans le royaume de LEON. Les anglais ayant eu connaissance de ces ordres résolurent d’attaquer le Maréchal dans sa marche. NAPOLEON n’attendait que ce moment pour marcher contre eux. Il était sur le point de les cerner entre le corps de SOULT et celui de NEY, lorsque, prévenu à temps, le général anglais battit en retraite sur la COROGNE, faisant sauter tous les ponts derrière lui. NAPOLEON se mit à sa poursuite, rencontra une arrière garde composés d’espagnols au pont de MANTILLA, la culbuta et continua sa poursuite jusqu’à ASTORGA où il quitte l’armée laissant le Maréchal SOULT continuer la poursuite avec les divisions MERLE (ancienne division MOUTON), MERMET et DELABORDE. Au défilé de PIETROS eut lieu un fort combat où la Division MERLE (4e Léger) se distingua par l’impétuosité de son attaque (janvier 1809).

Le 5, l’armée anglaise se montra rangée en bataille, devant LUGO. Pressé de fort près, le Général anglais voulut arrêter cette poursuite si désastreuse pour son armée. Le Maréchal SOULT arrive le 6 au soir, devant LUGO avec la division MERLE résolut d’attendre l’arrivée des divisions MERMET et DELABORDE un peu désorganisées par une marche si pénible, mais le 9 les anglais décampèrent.

Arrivés à la COROGNE, le 10 et ne voyant pas la flotte qu’ils croyaient y rencontrer, ils résolurent de s’y défendre. Après bien des hésitations, le Maréchal SOULT se décida à livrer bataille. La division MERMET lancée la première fut repoussée, mais l’arrivée des vieux régiments de la division MERLE rétablit le combat. Le 4e Léger prit part à la lutte et contribua au succès de la journée. L’armée anglaise s’embarqua les 17 et 18 protégée par les murs de la COROGNE.

1809

Après la défaite des anglais à la COROGNE, l’Espagne était vaincue, mais non soumise. Les Portugais pleins d’enthousiasme depuis la capitulation de CINTRA étaient en armes et appelaient les anglais; ceux-ci encouragés par la résistance des populations préparèrent une nouvelle armée. La campagne de 1809 s’ouvrit par la marche du Maréchal SOULT sur OPORTO. Le corps d’armée du Maréchal avait été renforcé d’une partie du corps de JUNOT et comprenait toujours la division MERLE dans laquelle était le 4e Léger. Pendant la marche sur le Portugal, il y eut une foule de petits combats où figura avec honneur le 4e Léger. mais il se distingua surtout à l’attaque de la ville de OPORTO (29 mars). La division MERLE chargée d’enlever la redoute qui couvrait la ville, éprouva une résistance opiniâtre. Les chroniques du temps rapportèrent que le 4e Léger fut repoussé trois fois de suite. Tous les officiers supérieurs et une grande partie du Régiment étaient déjà hors de combat, lorsque le Colonel CORSIN s’étant fait panser sa blessure, reparaît à la tête du Régiment porté par ses sapeurs. Il ranima ses soldats, tenta une 4e attaque et enleva la redoute. Longtemps on garda au 4e Léger, le souvenir d’un si grand exemple de courage et de dévouement. Aussi notre devoir est-il de le faire revivre dans la mémoire de tous les soldats du 79e de Ligne.

L’armée s’étant établie à OPORTO y resta tout le mois d‘avril. Un nouvelle armée anglaise commandée par ARTHUR WELLESLEY ne tarda pas à débarquer à LISBONNE. Instruit de tout ce qui se passait dans l’armée française, le Général résolut d’enlever OPORTO. D’un autre côté, le Maréchal SOULT jugeant sa position périlleuse avait résolu d’abandonner le Portugal. L’évacuation d’OPORTO était fixée pour le 12 mai. Mais dans la nuit du 11 au 12, les anglais s’emparèrent par surprise des faubourgs de la ville. Le 4e Léger et le 15e de Ligne furent lancé contre eux ils chargèrent à outrance et repoussèrent l’ennemi jusque sur les bords du fleuve, mais ils ne purent jamais lui arracher les bâtiments qui lui servaient d’appui. OPORTO fut évacué. Dans la retraite, le corps de SOULT dut le 14, détruire son artillerie et rentrer en GALLICIE, il y rejoignit le corps du Maréchal NEY et put se remonter en canons. En juin, après des événements sans importance, arrivèrent enfin des ordres de NAPOLEON prescrivant au Maréchal SOULT de prendre le commandement des 2e, 5e et 6e Corps.

La bataille de CALAVEZA (ou TALAVERA) perdue par la faute du roi JOSEPH, malgré tout l’héroïsme du corps des Maréchaux VICTORE SEBASTIANI et du Général LANUSSE, permettait au général anglais de se porter contre le Maréchal SOULT. Mais en apprenant que l’armée française était forte de 50 000 hommes, il battit en retraite. SOULT le poursuivit jusque sur les bords du TAGE où on prit position au mois d’août 1909. Le 2e Corps auquel appartenait le 4e Léger, s’établit à PLASENCIA pour observer les débouchés du Portugal.

A la reprise des hostilités en novembre, le 2e Corps placé au pont de l’ARZOBISPO, fut chargé de garder les défilés de l’ESTRARADINE, il ne prit donc pas part au brillant combat d’OCANA où les forces espagnoles furent battues par les 4e et 5e Corps et qui termina la campagne de 1809.

A la fin de cette campagne, le Colonel CORSIN du 4e Léger fut nommé Général pour la belle conduite devant OPORTO et remplacé par le Colonel DESGRAVIER.

1810

La campagne de 1810 s’ouvrit par l’envoi d’un renfort de 120 000 hommes à l’armée d’Espagne. NAPOLEON cédant aux demandes du roi JOSEPH, consentit à commencer les opérations militaires par une expédition en ANDALOUSIE, exécutée par les 4e, 5e et 1er Corps. Pendant cette expédition, le 2e Corps, commandé par le général REYNIER et par conséquent le 4e Léger, resta à son emplacement de l’année précédente, c’est-à-dire sur le haut TAGE, afin d’observer les routes du Portugal où se trouvaient toujours les anglais. Il couvrait en même temps la marche du corps expéditionnaire de l’ANDALOUSIE.

En mai, NAPOLEON résolut de marcher contre le Portugal. L’armée destinée à cette expédition devait se composer des 2e, Se et 8e Corps, en tout 60 000 hommes, dont le commandement fut donné à MASSENA; quant à l’armée anglaise réunie aux Portugais, elle présentait un effectif de 50 000 hommes.

Le général anglais, résolu à ne pas accepter de grandes batailles, fit préparer, à l’embouchure du TAGE, où se trouvait une flotte anglaise, les célèbres lignes de TORRES-VEDRAS qui devaient, au besoin, protéger l’embarquement de son armée. La marche des français en avant commença par le siège de la place de CINDRAD-RODRIGO défendue par 4 000 espagnols. Ce siège fut effectué par le corps de NEY. La place fut enlevée le 9 juillet après une rigoureuse résistance. Après un repos assez prolongé, MASSENA franchit la frontière et arriva devant la position de BUSACO, occupée par l’armée anglaise. Le 27 septembre, MASSENA s’étant décidé à attaquer, le 2e Corps entra le premier en action. Le 4e Léger, conduit par le Générai GRAINDORGE et protégé par un brouillard épais, gravit péniblement les hauteurs en s’aidant des végétaux; arrivé sur la hauteur, il s’élance sur le 8e portugais, le culbute et lui enlève son artillerie, mais deux divisions anglaises arrivent et arrêtent sa marche. Mitraillé en flanc par l’artillerie et de front par la mousqueterie, le Général GR.AINDORGE fut blessé mortellement, le Colonel DESGRAVIER grièvement, sept officiers supérieurs sur neuf, tous les capitaines d’élite furent également mis hors de combat ainsi que 30 officiers. Refoulé jusque sur le bord du plateau, le 4e Léger y résista cependant jusqu’à l’arrivé du 91e de Ligne; mais criblées par un feu épouvantable, nos troupes redescendirent le plateau emportant leurs généraux et leurs officiers blessés. L’attaque du corps de NEY ne fut pas plus heureuse et MASSENA arrêta la lutte après avoir perdu 4 000 hommes. Sans songer à rétrograder, il fit chercher un chemin pour tourner la position ; on en trouva un et l’armée s’y engagea dans la nuit du 28 au 29. Le 29, les anglais tournés abandonnèrent leur position et la ville de COIMBRE.

MASSENA poursuivit alors l’armée anglaise qui rentra dans les lignes de TORRES-VEDRAS. On l’y assiégea pendant quelques temps, mais ayant reconnu l’impossibilité de s’emparer de vive force d’un ouvrage composé de 3 lignes de défense et défendu par 700 pièces d’artillerie, MASSENA se retira à SAUTAREM et envoya le Général FOY à l’Empereur pour lui demander des ordres (novembre 1810).

Malgré dés préoccupations du côté de la Russie, puissance avec laquelle une nouvelle rupture se faisait déjà pressentir, NAPOLEON voulut continuer la guerre contre les anglais au Portugal. Il ordonna que toutes les troupes disponibles en Espagne fussent dirigées sur le TAGE pour donner la main au Maréchal MASSENA. Les souffrances de l’armée du Portugal étaient extrêmes, mais les soldats avaient confiance en MASSENA et les supportaient gaiement, attendant l’arrivée de renforts. L’arrivée de la division DROUET fut saluée par des cris de joie. Ces renforts et ceux amenés par le Général FOY à son retour, portèrent l’armée du Portugal à 55 000 hommes, mais c’était trop peu encore pour tenter une action décisive et MASSENA voulut attendre l’arrivée du 5e Corps, commandé par le Maréchal SOULT. Celui ci ayant retardé l’exécution des ordres en faisant le siège de RADAJOZ, l’armée du Portugal (principalement le 2e Corps où était le 4e Léger) fut réduite à la dernière extrémité faute de vivres. Cette détresse et l’évanouissement de l’espérance d’être secouru à temps décida le Maréchal MASSENA à se retirer sur MONDEGO.

1811

La retraite commença le 4 mars 1811. Le 2e Corps protégea la retraite toute la journée par la belle contenance de ses troupes. Les anglais s’étant mis à la poursuite de l’armée. On soutint le 11 à POMBAL, un combat où le Général FRIRION refoula les anglais. Le 12 nouveau combat à REDINHA soutenu par le 6e Corps. Le 13 MASSENA engagea NEY à résister autant que possible à CONDEIXA pour que l’armée put s’établir à COIMBRE. NEY n’ayant pas fait une résistance suffisante l’armée dut se porter sur le CEYRA. Elle s’y trouva réunie le 15, et le 18, on était sur l’ALVA. La retraite continuant, l’armée rejoignit le 22 mars les frontières d’Espagne vers CINDAD-RODRIGO d’où elle était partie un an auparavant. Elle avait tenue six mois sur le TAGE, sans vivres, sans secours, sans commumcations, sans nouvelles de France. Elle ne perdit dans cette retraite ni un canon, ni un blessé, ni une voiture. MASSENA eut un instant la pensée de reprendre l’offensive, mais les évènements ne le permirent pas et l’armée prit ses cantonnements entre ALMEIDA et CINDAD-RODRIGO avec mission de surveiller la marche des anglais.

En avril, M.ASSENA ayant appris l’investissement d’ALMEIDA par les anglais, concentra ses forces et se mit en marche fin avril. Le 2 mai, on rencontra l’armée anglaise en position à FRENTES d’ONORE. MASSENA prit des dispositions d’attaque. Le 2e Corps était à droite; on livra à FRENTES une bataille de trois jours; la bataille resta indécise. On ne put secourir la place d’ALMEIDA et MASSENA ordonna sa destruction.

Cet acte accompli, l’armée revint dans ses cantonnements. Le 4e Léger alors commandé par le Colonel LANGEZON qui avait alors remplacé le Colonel DESGRAVICZ prit pan à tous ces combats.

NAPOLEON s’en prit à MASSENA de tous ces insuccès, le rappela et désigna pour son successeur, le Maréchal MARMONT. Le 4e Léger fit partie de la 4e Division sous le commandement du Général SARRUT. MARMONT porta tous ses bataillons à 700 hommes en versant l’effectif d’un bataillon dans un autre et renvoya à SALAMANGUE, les cadres non employés.

Ayant ainsi réorganisé son armée, le Maréchal MARMONT marcha en juin au secours de la place de BADAJOZ assiégée par les anglais. Son arrivée dégagea la place et les Maréchaux SOULT et MARMONT entrèrent dans la ville. BADAJOZ délivrée, MARMONT revint prendre position sur le TAGE.

En septembre, les anglais ayant menacé de nouveau CINDAD-RQDRIGO, MARMONT abandonna le TAGE, remonta au nord au secours de cette place et parvint à la ravitailler.. En décembre, NAPOLEON, préparant son expédition en Russie, voulut tirer d’Espagne, sa garde, les polonais et un certain nombre de cadres disponibles par suite de pertes subies. C’est à la suite de ces dispositions que les cadres du 2e, 3e et 4e bataillon du 4e Léger rentrèrent en France. Le 4e Léger ne fut plus, dès lors, représenté à l’armée de Portugal que par son premier bataillon. En janvier 1812, l’armée d’Espagne abandonna le TAGE et fut ramenée sur le DOURO aux environs de SALAMANGUE. Ce mouvement de retraite amena la perte de deux places imposantes: CINDAD-RODRIGO et BADAJOZ.

1812

Nous avons dit que les cadres des 2e, 3e et 4e bataillon du 4e Léger avaient été retirés d’Espagne et que le 4e Léger n’était plus représenté dans la péninsule que par son 1er bataillon, commandé par le Chef de Bataillon GREARD. Nous allons donc voir le 4e Léger figurer à la fois sur les champs de bataille de la péninsule espagnole et sur ceux de l’Allemagne et y cueillir encore et toujours de nouveaux lauriers ; mais hélas la fortune a abandonné le drapeau de la France et plus ses enfants montreront de courage et de dévouement, plus l’heure fatale de l’invasion s’approchera.

Jamais le génie de l’Empereur ne se montra plus grand que dans ces terribles luttes de 1812, 1813 et 1814. Jamais les soldats de la France ne se sont montrés plus vaillants et plus braves; et cependant chaque victoire était un pas de plus vers l’abîme.

En Espagne, le 1er Bataillon, sous les ordres du Chef de Bataillon GREARD, continua à faire partie de l’armée du Portugal; cette armée était plus menacée car l’armée anglaise se proposait de profiter de la guerre de Russie pour tenter la fortune au nord de l’Espagne.

Dès le 1er juin en effet, l’armée anglaise commença son mouvement offensif sur SALAMANGUE. MARMONT se retira et SALAMANGUE fut occupée par les anglais le 27. Après des marches et des contre-marches, les deux armées se rencontrèrent dans la position des ARAPILER et s’y livrèrent un sanglant combat auquel prit pan la division SARRUT et par conséquent le bataillon du 4e Léger qui en faisait partie. La bataille fut indécise, mais MARMONT et plusieurs généraux y furent blessés.

L’armée passa alors sous le commandement du Général CLAUSEL et se retira derrière le DOURO, puis quelques temps après derrière l’EBRE, mais ayant reçu quelques renforts, elle revint sur le DOURO et reprit SALAMANGUE évacuée par les anglais. Le Général CLAUSEL avait cédé le commandement au Général REILLE qui prit ses cantonnements dans la province de BURGOS.

Pendant toute ces dernières périodes de la guerre d’Espagne, le 4e Léger n’était représenté à l’armée du Portugal, ainsi que nous l’avons dit, que par son 1er bataillon. Les cadres des trois autres étaient rentrés en France pour s’y recruter et concourir aux nouvelles luttes qui se préparaient du côté de la Russie et de l’Allemagne. Dès le mois de janvier 1912, un des bataillons fut réorganise a VERSAILLES et entre dans la composition de la 30e Division de la Grande Armée. Pendant la marche contre l’armée russe poursuivie jusqu’à MOSCOU, ce bataillon tint garnison successivement à MAGDEBOURG, et à SPANDAU, et lors de la désastreuse retraite de Russie, il fit partie de la garnison de DANTZIG où il entra en janvier 1813 sous le commandement du Général COUDERC. D’un autre côté, les deux cadres des 2e et 3e bataillons revenus d’Espagne furent remplis à l’aide de nouvelles levées.

Ces deux bataillons ne restèrent pas réunis; ils entrèrent dans la formation de régiments provisoires. ils furent placés l’un dans le corps du Général LAURISTON qui devait rejoindre le prince EUGENE à MAGDEBOURG, l’autre, plus tard, dans le 14e Corps du Maréchal SAINT-CYR. C’est dans ces corps que nous allons les voir lutter comme toute l’armée avec un courage sans exemple comme autrefois en Italie, et revenir de cette terrible guerre couverts de gloire, mais avec la douleur de n’avoir pu sauver la Patrie de l’invasion.

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