1802 1804 Haïti
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Remarque préliminaire.

Son effectif était alors de 600 hommes ; 1450 avaient été fournis aux îles de SAINT DOMINGUE et de la GUADELOUPE ainsi que 3 Chefs de bataillon.

Au mois de mars 1802, 400 hommes d’infanterie dont 150 de la 79e, en garnison à VANNES, furent encore mis sous les ordres du contre-amiral LACROSSE à LORIENT, pour tenir garnison à bord des frégates la Cornélie et la Cocarde, qui partirent le 20 avril pour la GUADELOUPE.

Heureusement qu’alors la demi-brigade incorpora 480 hommes de la 40e et reçut 180 soldats de la 79e qui rentraient des prisons de CONSTANTINOPLE. Ces malheureux survivants du massacre de PREVEZZA, avaient été détenus dans la plus dure captivité ; employés aux travaux les plus pénibles, beaucoup d’entre eux avaient succombé au service de leur barbare ennemi.

Le Chef de la 79e s’efforça alors de reconstituer sa demi-brigade, si éprouvée depuis quelques temps il y réussit complètement.

Vers le mois d’août la demi-brigade reçut l’ordre de partir pour le midi de la France; au mois d’octobre suivant, le 1er bataillon, à l’effectif de 700 hommes, est à CARCASSONNE, le 3e bataillon (631 hommes) est à NARBONNE, il n’y a plus de 2e bataillon, ce dernier étant à SAINT DOMINGUE.

LE 2e BATAILLON A SAINT DOMINGUE

Le 2e bataillon, commandé par le Chef de bataillon TREBOUTTE, débarqua, le 4 février 1802, à l’anse du LIMBE. Désigné pour former l’avant garde, il fournit plusieurs détachements chargés d’éloigner les postes ennemis qui cherchaient à s’opposer au débarquement.

Le lendemain, 5 février, le 2e bataillon de la 79e fut incorporé dans la division du Général DESFOURNEAUX, arrivé au MORNE-ROUGE, il y resta jusqu’au 8 et en partit pour se rendre au HAUT DU CAP. Jusqu’au 18 il longe la Grande Rivière, dans un pays tellement accidenté qu’il fallut renvoyer les voitures. La division s’étant rassemblée à l’EGLISE BLANCHE, on vida les voitures des munitions ; chaque soldat fut alors muni de 100 cartouches.

Par suite de l’ignorance ou de la malveillance du guide, l’arrière garde prit un chemin différent de celui que suivait le gros de la colonne et elle fut obligée de traverser une rivière profonde pour retrouver son chemin. Mais, entourées d’ennemis, attaquées par des postes cachés sous bois, les deux Compagnies de grenadiers repoussèrent vigoureusement les nègres de TOUSSAINT jusqu’au pied du fort dit des CARDINAUX, à proximité de leur camp.

Ne soupçonnant pas la supériorité numérique de l’ennemi (1800 hommes) qu’il avait devant lui, le Général ANDRIEUX donna l’ordre au Commandant TREBOUTTE de monter à l’assaut du fort avec les deux Compagnies de grenadiers et la Compagnie de canonniers. Cette attaque téméraire faillit se transformer en désastre; une forte colonne ennemie barra la route à nos 500 braves qui ne durent. leur salut qu’à leur bonne contenance et à leur fermeté. A force d’audace, ils obligèrent même l’ennemi à rebrousser chemin jusqu’au fort et à se placer sous la protection de son canon. Les grenadiers entraînés par leur ardeur, arrivèrent au pied d’un rocher escarpé et couvert d’épines qui en empêchaient l’accès. Egarés, ils restaient là sous la mitraille lorsque tout à coup une bande nombreuse de nègres, précédée de tambours battant la charge vint couper leur ligne de retraite.

Ils allaient être massacrés, lorsque le commandant nègre et un de ses officiers, s’étant avancés pour s’emparer du Commandant TREBOUTTE furent tués par lui de deux coups de feu à bout portant; effrayés par la mort de leur Chef, les nègres s’enfuirent aussitôt.

La petite colonne française commençait la retraite lorsque 200 pas plus loin, elle rencontra une nouvelle troupe ennemie qu’il fallut traverser à la baïonnette. Dans cette lutte corps à corps, le drapeau du 2e bataillon, gardé seulement par 25 hommes, était entouré par une foule de nègres qui se croyaient déjà vainqueur; le Commandant TREBOUTTE fit sonner le ralliement et se portant au secours du drapeau avec quelques hommes, parvint à le sauver.

Les grenadiers subirent des pertes nombreuses car ils furent obligés de traverser deux fois une rivière sous le feu de l’ennemi embusqué dans les bois. De nombreux officiers furent tués ou blessés, parmi eux le Capitaine Adjudant Major DIDIER, qui eut les deux cuisses traversées par une balle au moment où il rassemblait quelques hommes pour soutenir la retraite dans un passage difficile.

La situation était alors des plus critiques, le nombre des blessés était si considérable qu’on ne pouvait ni les charger sur les quelques mulets, ni les abandonner à l’ennemi, car c’était les vouer à une mort terrible. On vit alors les officiers supérieurs et le Général lui-même mettre pied à terre et donner leurs chevaux, les hommes se mettaient à deux pour porter un camarade, mais la colonne ne marchait plus que lentement.

Le Commandant TREBOUTTE, à la tête des grenadiers et de la Compagnie de canonniers, fit alors face à l’ennemi et parvint à l’éloigner par des feux habilement dirigés. On ne s’arrêta que pour reprendre haleine et la retraite continue dans le même ordre. Après avoir occupé le DONDON le 19 février, le 2e bataillon de la 79e repartit le lendemain, à 3 heures du matin, pour SAINT MIGUEL, où il devait rejoindre la division.

A la crête du morne LAROQUE une sentinelle repéra le bataillon et 300 hommes lui barrèrent le chemin. Le soldat était hors d’haleine, ce qui lui ôtait son aptitude ordinaire de foncer sur l’ennemi à la baïonnette pour ne pas lui laisser le temps de recharger après son premier coup de feu. Malgré toutes ces difficultés, le 2e bataillon reçut l’ordre de marcher directement à l’ennemi et enleva la position avec sa bravoure habituelle. Cependant la situation était toujours critique, il fallait à tout prix rejoindre la division et le chemin à suivre ne permettait que le passage sur un rang pendant 7 lieues. La colonne dut, dans cette formation, traverser un bois et passer trente fois la même rivière ; elle réussit enfin en suivant les traces d’une troupe ennemie, à retrouver la division à SAINT MIGUEL le 23 février.

Le 24 février, à 5 heures du matin, la division vint s’établir près de GONAIVE après avoir battu les grenadiers de TOUSSAINT. Le 26, elle était au bac de l’Ester, d’où elle partit le 2 mars, à 3 heures du matin, pour la Savanne-Brûlée. Le lendemain elle coucha au PETIT CARREAU et en repartit le 4 pour le GRAND CAHOS.

La division fut attaquée au PETIT CAHOS par les troupes du Général DESSALINES. L’affaire ne dura pas plus qu’une demi heure, le terrain ne permettant pas le déploiement, l’avant garde et la 5e légère suffirent seules pour vaincre l’ennemi.

Après différentes escarmouches le 2e bataillon rejoignit le 16 la division à PERETTES et partit le 21 pour assister à la prise du fort de la Crête à PIERROT.

Dans l’évacuation du fort, le bataillon était placé par compagnies aux points où l’ennemi pouvait s’échapper; tous ceux qui se présentèrent furent repoussés à coups de fusil.

Cette campagne pénible continua ainsi jusqu’à la fin de l’année 1802. Par suite des nombreuses pertes subies par les différents corps, une fusion complète s’opéra bientôt entre eux. Cette situation fut régularisée par un arrêté du 2 mai 1803 qui décida que le 2e bataillon de la 79e demi-brigade entrerait dans la composition du 7e régiment d’infanterie de ligne de SAINT DOMINGUE.

Réorganisation du Régiment : la 79e demi-brigade stationné dans le midi de la France depuis octobre 1802 eut tout le temps de se réorganiser en entier et comme le 2e bataillon était absorbé par le 7e de ligne la 79e ne comprenait plus que 2 bataillons.

Le 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) l’armée subit une sérieuse modification : les demi-brigades furent supprimées et constituées en régiments à trois ou quatre bataillons.

En exécution de ce décret, la 79e demi brigade devenait 79e régiment d’infanterie de ligne et par suite de l’incorporation de la 77e, le corps était porté à 4 bataillons.

Le 24 octobre 1803, les 1er et 2e bataillons du 79e étaient à SAINTES, les 3e et 4e à BORDEAUX et le dépôt à BAYONNE. Le régiment resta dans le midi jusqu’au mois de janvier 1805.

Le 8 mars 1804, le Colonel GODART reçut l’ordre d’envoyer 5 compagnies prises dans les 3e et 4e bataillons (750 hommes) au FERROL (Espagne). Le vide ainsi provoqué fut bientôt comblé par les recrues qu’on envoya au régiment et, lorsqu’il reçut l’ordre de partir pour l’Italie au commencement de février 1805, le Colonel GODART avait ses 4 bataillons au complet. Le 20 février le régiment est à LYON ; de mars à juin le 1er bataillon est à CASAL, le 2e à VALENCE, les 3e et 4e à LYON ; puis les 4 bataillons se réunissent à CASAL, où. ils restent jusqu’au 3 septembre, époque à laquelle ils vont faire partie de la division de réserve de l’armée d’Italie.

 
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