1794 Les Alpes
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L’armée des Alpes est alors dans le plus grand dénuement ; le Général CARTEAUX, qui la commandait depuis peu de temps, est arrêté et conduit à PARIS ; le Général de division Alexandre DUMAS, nommé Général en Chef, se rend au quartier Général à GRENOBLE le 21 janvier 1794.

Le bataillon du 79e faisait alors partie de la 3e division de l’armée des Alpes et ne comptait que 456 hommes présents sous les armes.

Les neiges tombées avec abondance obstruaient depuis quelques jours tous les passages des montagnes qui séparaient les français de l’armée piémontaise et suspendaient momentanément les hostilités les troupes étaient descendues dans le fond des vallées où on leur avait assigné des cantonne­ments.

ATTAQUE DU PETIT SAINT-BERNARD

Le Général Alexandre DUMAS, arrivé à GRENOBLE dans la nuit du 20 au 21 janvier, reçut par un arrêté en date du 25 l’ordre de prendre les mesures nécessaires pour s’emparer le plus promptement possible du Petit Saint-Bernard et du mont CENIS, principaux débouchés de la Tarentaise et de la Maurienne. Ces expéditions, confiées par un arrêté des représentants CARTON et DUMONT aux Généraux BAGDELANE et FORRET, quoique jugés impossible pour le moment à cause du peu de fermeté de la neige, donnèrent lieu cependant à quelques mouvements de troupes préparatoires, et le 2e bataillon du 79e, complété dès la fin janvier avec des hommes de la réquisition, partit le 2 mars pour SAINT-PIERRE D’ALBIGNY; il y arriva le 7 fort de 957 hommes.

Pendant tout le mois de mars, le mauvais temps continua à s’opposer à l’exécution de l’attaque projetée et les troupes restèrent inactives dans leurs cantonnements.

Dans la nuit du 5 au 6 avril, le Général FORRET, impatient de profiter du peu de fermeté que les neiges venaient d’acquérir, gravit le mont CENIS, mais il fut tué dès le commencement de l’action et l’attaque échoua. Cet échec ne découragea pas le Général BAGDELANE chargé de l’attaque du Petit St-Bernard; à la tête des troupes de nouvelle levée, du 19e bataillon de l’ISERE et du 2e bataillon du 79e, il s’avance à travers les précipices, au milieu des neiges éternelles, gravit les rochers et aborde les retranchements ennemis. il fallait les emporter de vive force ou se voir jeté dans les abîmes ! Les cinq bataillons, à la tête desquels se trouvait le bataillon du 79e, croisent la baïonnette et s’élancent au cri de “vive la République !” ; les Piémontais sont chassés de leurs redoutes, et nos braves soldats ayant tourné aussitôt les pièces dont ils venaient de s’emparer contre la redoute de la chapelle St-Bernard, la firent évacuer promptement ainsi que les ouvrages en arrière.

Nos troupes poursuivent les Piémontais pendant trois lieues jusqu’à la TUILLE dont elles s’emparèrent également ; 20 pièces d’artillerie, 200 fusils, autant de prisonniers furent le fruit de cette victoire. Notre perte ne s’éleva qu’à 7 hommes tués et une vingtaine de blessés. Le Général BAGDELANE fit dans son rapport l’éloge des troupes et cita particulièrement le 2e bataillon du 79e comme s’étant comporté avec la plus grande valeur.

2e ATTAQUE DU MONT CENIS

Le Général BAGDELANE, promu au grade de Général de division, fut aussitôt chargé de réparer l’échec essuyé au mont CENIS, il partit avec 2 000 hommes d’élite dont un détachement du 79e.

La nouvelle expédition eut un plein succès ; les troupes enlevèrent à la baïonnette les redoutes du Mont CENIS et prirent aux Piémontais leur superbe et nombreuse artillerie, leurs équipages et des magasins considérables. Les jours suivants furent occupés à détruire les ouvrages de l’ennemi et à en construire d’autres pour défendre ce poste important.

Pendant les mois de juillet et d’août, le 2e bataillon participa à la construction de quelques batteries élevées en face du fort d’EXILES que le Général en Chef se proposait d’assiéger. Le 1er septembre, le bataillon campait au poste des QUATRE-DENTS et ses grenadiers étaient détachés au camp de l’ASSIETTE, mais l’abondance des neiges l’obligea à abandonner ces postes et il descendit à HOULE, où il resta jusqu’au 5 novembre.

L’armée prit alors ses quartiers d’hiver et le 2e bataillon alla tenir garnison à ANNECY, attaché à l’aile gauche de la 2e division aux ordres du Générai BAGDELANE.

Les représentants du peuple ayant, par différents arrêtés, enlevés 11 bataillons à l’année des Alpes - pour les envoyer à celle d’ITALIE, les bataillons de réserve furent portés en première ligne et, le 6 décembre, le 2e bataillon du 79e, passant de la 2e division à la 3e, partit d’ANNECY pour se rendre à CARROUGE où il passa l’hiver.

 
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